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Les consultants d'Analysis Group examinent les risques potentiels et les facteurs susceptibles d’atténuer les effets concurrentiels des « acquihires »

20 janvier 2026

Un responsable de la Federal Trade Commission (FTC) a récemment fait part de ses inquiétudes concernant la pratique d'acquisition de talents connue sous le nom d’« acquihiring ». A l’occasion d'une conférence sur la concurrence et les technologies organisée par Concurrences en janvier 2026, le commissaire de la FTC Mark Meador a souligné que les opérations de rachat de petites sociétés visant exclusivement l’absorption de talents sont susceptibles de soulever des préoccupations anticoncurrentielles.

Les commentaires de M. Meador, qui a évoqué des opérations consistant à « acheter et tuer, mais pour les compétences », ont mis en lumière la montée des « acquihires », ainsi que les préoccupations des régulateurs et le débat sur les effets pro-concurrentiels et anticoncurrentiels de cette pratique.

Des consultants d'Analysis Group analysent cette question dans un article récent publié dans CPI Antitrust Chronicle. Ils y rappellent que « les régulateurs et les universitaires ont identifié quatre préoccupations principales. Les acquisitions de talents pourraient fonctionner comme des « acquisitions prédatrices » déguisées, réduire les incitations à investir dans les start-ups, conduire à une accumulation inefficace de talents ou créer un pouvoir de marché sur le marché du travail. »

L’article, coécrit par la Managing Principal Rebecca Kirk Fair, la Principal Juliette Caminade, le Manager Zsolt Udvari, et l’Associate Jeanne Vellard Smith, examine en détail les risques potentiels soulevés par les régulateurs et les universitaires au sujet des « acquihires ». L’analyse aborde notamment les « acquihires inversées », dans lesquelles une entreprise recrute les employés d’une start-up et obtient une licence sur sa propriété intellectuelle au lieu de racheter la société directement. Certaines autorités de concurrence craignent que ces opérations ne constituent une tentative d’échapper au contrôle normalement appliqué aux acquisitions classiques, tout en produisant des effets équivalents ; elles suggèrent donc qu’elles fassent l’objet d’une surveillance similaire.

Les auteurs mettent toutefois en lumière des facteurs susceptibles de tempérer ces inquiétudes. L'un des éléments distinctifs des « acquihires » par rapport aux autres acquisitions tient à la forte mobilité de la main-d'œuvre : des recherches montrent que les salariés recrutés dans le cadre des « acquihires » ont une plus grande propension à quitter leur emploi que les autres travailleurs, ce qui suggère que les effets structurels sur le marché du travail sont moins durables et limite le risque de préjudice concurrentiel à long terme par rapport aux acquisitions traditionnelles. Un autre facteur tient au fait que l'acquisition d'une start-up n’entraîne pas nécessairement la cessation de ses activités. Dans la mesure où l’intégration post-opération « peut ne pas être l'objectif ni le résultat de la transaction », certaines préoccupations exprimées par les autorités de concurrence peuvent ne pas se concrétiser. Les auteurs soulignent en conclusion la nécessité de mettre en balance les risques et bénéfices d’un renforcement de la surveillance réglementaire.

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Zsolt Udvari

Zsolt Udvari

Manager

M. Udvari est spécialisé dans l'application de la théorie économique et de l'économétrie aux questions d'antitrust et de litiges. Son expertise porte en particulier sur l'évaluation des abus de position dominante dans le domaine numérique à l'aide de théories économiques établies et novatrices et d'analyses empiriques. Il possède également une expérience dans l'évaluation des fusions, les litiges et les questions d'aides d'État. Au-delà du secteur numérique, M. Udvari possède une connaissance approfondie des secteurs de la vente au détail de carburant, des télécommunications, des produits chimiques, des systèmes de paiement par carte, des compagnies aériennes et de nombreux autres secteurs. Il a notamment travaillé sur des affaires très médiatisées devant la Commission européenne, telles que la fusion MOL/OMV Slovenija Phase II et la plainte de Slack contre Microsoft Teams. Avant de rejoindre Analysis Group, M. Udvari a travaillé pour un cabinet de conseil économique basé à Bruxelles et a été chercheur postdoctoral et chargé de cours à l'Université Libre de Bruxelles.

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